Yi-King en couture

Christine G. 

 

Partage d’atelier,

un jour ensoleillé d’automne ?

naît “Pousse de Bambou”

Le Yi-king et ses transformations ;

pourquoi pas en couture !

La prochaine fois, je photographie le vieux pull avant sa mise à plat.

Démantelé, recoupé, tout est re-incorporé, sans autre adjonction textile ni déchet.

De la taille 38 de mes 40 ans, ce mérinos,

a muté vers le 44 de mes 55.

Tiens, il faudra consulter les livres pour voir ce qu’ils en disent…

Et puis, ne dit-on pas qu’il faut le laisser pisser ? ce mérinos !

Vu le temps qu’il y met; Pas moi, bien entendu. Quoique le mien des temps…

S’il me paraissait suffisant, je ne ferais jamais de telles choses !

Comment ! un pull âgé de 15 ans ?

c’était un de mes préférés ;

Occupée à autre chose, ne pas savoir jeter les belles qualités,

Espérer retrouver la ligne d’un temps qui ne reviendra plus est utopique,

Les créateurs parisiens glanaient de vieux trésors après la guerre de 14/18,

Ma grand-mère disait “le manque est mère créatrice première”.

Les petits riens, qui ne veulent plus rien, commencent à défiler des recyclés.

La ceinture est devenue col,

L’envers d’1/3 d’1 manche est devenu plastron devant.

L’envers d’1/4 de l’autre manche est devenu milieu dos.

Le dessus d’ ¾ de manche + 1 poignet sont devenus ceinture.

L’autre  2/3 de manche et restants sont devenus mitaines.

L’autre poignet est devenu 2 pouces aux mitaines,

Sans l’accident devenu courant pour moi, de laisser choir ce que j’ai en main,

Les ciseaux plantés au milieu d’une mitaine terminée ; disons par inadvertance.

Quel désastre, une entaille dans du jersey en pièce maîtresse et plus de matière !

Rater si près du but, sentiment d’insatisfaction qui m’habite régulièrement…

Elles rigolaient, jonchées sur ma table, ces minuscules rondelles coupées du pouce.

Pour un autre projet écologique sur le vouloir encore alléger les poubelles…

C’est une autre histoire, pour plus tard…

Et non, “l’oeuvre n’est pas encore achevée” ; “que penses-tu de petits fagots” ?

A rouloter à la pince, avec mes doigts devenus trop raides de rhumatismes,

“Et puis, ce petit tas de chiquettes d’arrondissement des angles ?”

Sur lesquel réfléchit l’inconscient à ses heures, depuis ce film chinois “Inutilité”

M’ayant bousculée l’an dernier ; une styliste avait tout enterré pendant l’ère Mao…

Revenons à ce que nous sommes en train de faire aujourd’hui.

Les façonner avec quelques perles de rocaille pour imaginer… quoi encore?

Devant les feuilles mortes au jardin, ne songeais-tu pas aux pousses de bambou?

Ces pays chauds d’orient qui me fascinent et où je voyage désormais par la pensée.

Voilà, nous y sommes! “Pousse de bambou”, cette fois, tu es née !

 

Christine G.